Le blog de l'Auto-Entrepreneur pour le E-Commerce

La fiscalité de l'Auto-Entrepreneur

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Les effets de l'EIRL pour l'auto-entrepreneur

En optant pour l'EIRL, vous allez bénéficier de la protection de votre patrimoine privé vis à vis de votre activité professionnelle, ainsi :

  • => Le seul gage de vos créanciers professionnels sera le patrimoine affecté dans l'entreprise
  • => Le patrimoine personnel ne sera le gage que des seuls créanciers personnels

 

Les autres éléments à prendre en compte avant l'option pour l'EIRL sont les suivants :

1. La séparation du patrimoine privé et professionnel ne produit d'effet de plein droit qu'à l'égard des créanciers dont les droits sont nés après le dépôt de la déclaration d'affectation. Si vous souhaitez que cette déclaration protège votre patrimoine vis à vis des créanciers antérieurs à la démarche, vous devez les informer :

  • => Du dépôt de la déclaration
  • => Qu'ils peuvent s'y opposer, dans ce cas, une décision de justice devra ordonner le rmboursement de la dette ou la constitution de garanties
  • => L'opposition n'a pas pour effet d'interdire la constitution de l'EIRL

2. Si vous affectez en cours de vie de l'EIRL de nouveaux biens dont vous êtes titulaire, vous devez respecter les formalités prévues à cet effet (voir le billet sur les formalités de l'EIRL)

3. Les options fiscales de votre entreprise : votre statut d'auto-entrepreneur ne vous permet pas d'opter pour l'impôt sur les sociétés et bénéficier des avantages qui peuvent y être liés

4. Le suivi de vos partenaires commerciaux et financiers : cumuler auto-entrepreneur et EIRL risque de ne pas rassurer vos éventuels partenaires quant à votre implication dans votre projet, la stabilité financière de votre entreprise... Ce qui peut vous priver de leur soutien ou leur accompagnement

5. En cas de difficultés : vous bénéficiez de l'ensemble des procédures relatives aux difficultés des entreprises (prévention des difficultés, mandat ad hoc, conciliation, sauvegarde, redressement judiciaire et liquidation judiciaire)

 

Enfin, l'évaluation de la pertinence de cette option est à faire au cas par cas : n'hésitez pas à vous rapprocher de professionnels comme les experts comptables (CER France...) pour faire un point précis sur votre projet et votre situation.

Les démarches à réaliser pour bénéficier du cumul auto-entrepreneur et EIRL

La principale démarche à réaliser est de remplir une déclaration d'affectation du patrimoine. Cette déclaration est disponible :

  • => Auprès des centres de formatlités des entreprises (CFE) des Chambres de Commerce, des Chambres de Métiers et de l'URSSAF (en fonction de votre activité)
  • => Auprès du greffe du tribunal de commerce
  • => Sur Internet : www.guichet-entreprises.fr

Cette déclaration d'affectation comporte :

  • => La liste du patrimoine que vous souhaitez affecter (nature, valeur, quantité)
  • => L'objet de votre activité professionnelle

 

Attention :

Vous devrez obligatoirement affecter les biens que vous utiliserez dans votre activité, matériels (local, véhicule...) et immatériels (fonds de commerce, brevets, bail...). A contrario, vous ne pouvez pas affecter les biens que vous n'utiliserez pas pour votre activité.

 

Conjointement, des formalités supplémentaires sont obligatoires dans les cas suivants :

  • => Vous affectez un bien immobilier, vous devrez faire appel à un notaire
  • => Le bien affecté a une valeur supérieure à 30 000 €, il est obligatoire de le faire évaluer par un commissaire aux apports, un expert comptable...
  • => Le bien affecté appartient aussi à un tiers (conjoint...), vous devrez avoir leur accord

Ces formalités seront à répéter à chaque fois que vous modifierez les biens apportés : nouveau matériel, revente d'un bien...

 

Le coût de la démarche peut donc varier :

  • => Si vous n'effectuez que la démarche principale, le coût estimé correspond aux frais d'inscription et de dossier demandés par les CFE, soit de 40 € à 180 € (en fonction du répertoire duquel vous dépendez : métiers, commerce, BNC)
  • => En cas de formalité supplémentaire, le coût est réparti entre un montant fixe de 168 € (notaire, hypothèques...) et un montant variable lié à la valeur du bien affecté. Le coût total sera donc compris entre 250 € et 1 000 €

 

Important :

Un écart entre le montant affecté et la valeur réelle des biens entraîne l'engagement du patrimoine personnel de l'entrepreneur (non affecté) sur la valeur correspondant à cet écart.

 

Pour les effets de l'EIRL, rendez vous dans notre prochain billet.

L'EIRL, une option applicable pour les auto-entrepreneurs

Jusqu'au 1er janvier 2011, votre statut d'auto-entrepreneur ne vous permettait pas de protéger votre patrimoine des aléas de l'activité de votre entreprise : vous étiez personnellement solidaire de toutes les dettes contractées dans le cadre de votre activitié, ainsi votre patrimoine privé (maison, meubles...) pouvait être saisi.

 

Une solution, applicable à toutes les entreprises individuelles, permet de protéger votre patrimoine privé immobilier : la déclaration d'insaisissabilité (voir le billet sur ce sujet).

 

Cependant, vous étiez encore redevable des dettes de votre entreprise, votre patrimoine mobilier (meubles, véhicule...) n'était alors pas protégé.

 

Depuis le 1er janvier 2011, existe l'option de l'EIRL (Entreprise Individuelle à Responsabilité Limitée). Cette option ne concurrence pas votre statut d'auto-entrepreneur, c'est un complément. En effet, vous aurez la possibilité de vous placer sous le régime de l'EIRL, et bénéficier de la protection de l'intégralité de votre patrimoine personnel. Les avantages seront alors cumulés :

  • => Vous exercerez votre activité dans votre auto-entreprise (et bénéficier du régime social et fiscal forfaitaires).
  • => Vous ne serez responsable à l'égard des créanciers professionnels qu'à concurrence du patrimoine affecté à votre activité professionnelle

 

Pour les démarches nécessaires à l'option de l'EIRL, rendez vous dans notre prochain billet.

 

Les frais de déplacements pour les auto-entrepreneurs

Vous effectuez des déplacements dans votre activité : rendez-vous, démarches... Si ces déplacements ont un coût, il ne sont pas pour autant déductibles de votre chiffre d'affaires à déclarer. En effet, comme pour toute autre charge, votre statut d'auto-entrepreneur ne vous permet pas de les déduire.

 

Cette situation ne vous empêche cependant pas de facturer des frais de déplacements à vos clients. Ils seront intégrés aux tarifs et devis proposés (voir billets précédents : "Auto-entrepreneurs artisans, comment fixer vos tarifs ?" et "Achat-revente en tant qu'auto-entrepreneur : comment fixer vos tarifs ?").

 

Pour facturer vos frais de déplacements, vous devez pouvoir en évaluer le coût. Pour cela, vous pouvez utiliser :

 

Ce dernier vous servira de base de calcul pour le montant facturable, qui couvrira :

  • =>Le carburant utilisé pour le déplacement
  • =>L'assurance du véhicule
  • =>L'usure et l'entretien du véhicule

 

Si vous ne souhaitez pas facturer au kilomètre, vous pouvez déterminer des zonages d'intervention avec chacun un tarif particulier. Par exemple :

  • =>De 0 à 20 km : 15 €
  • =>De 21 km à 40 km : 30 €
  • =>De 41 km à 60 km : 45 €
  • =>...

Ces montant sont donnés à titre indicatif, ils peuvent varier en fonction du barème kilométrique fixé par les services fiscaux.

 

Auto-entrepreneur : comment être exonéré de la cotisation foncière des entreprises

Depuis le 1er janvier 2010, la taxe professionnelle est supprimée mais remplacée par la CET (Cotisation Economique Territoriale), un nouvel impôt composé de 2 taxes :

-  la CFE (cotisation foncière des entreprises) dont les auto-entrepreneurs sont redevables (payable chaque année pour le 15 décembre)

- La CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) : les auto-entrepreneurs ne sont pas redevables car il faut réaliser un chiffre d'affaires supérieur à 152 500 €.

Pour être exonéré de la Cotisation Foncière des Entreprises, il convient de faire l'option pour le micro fiscal/prélèvement fiscal libératoire, c'est à dire payer son impôt sur le revenu en même temps que ses charges sociales lors de la déclaration de chiffre d'affaires tous les mois ou tous les trimestres. Néanmoins, l'option est soumise à condition :  revenu fiscal de référence 2009 inférieur à 25 195€ par part fiscale.

En effet, si vous avez fait l'option, vous serez exonéré de la CFE la première année de la création et les 2 années suivantes.

Si vous n'avez pas fait l'option, vous serez exonéré uniquement la première année et la CFE sera due dès le 15 décembre de la 2ème année.

La Cotisation Foncière des Entreprises est variable d'une commune à l'autre et comprend aussi la taxe Chambre des Métiers ou Chambre de Commerce, en fonction de votre activité.

Si vous souhaitez créer votre auto-entreprise et que vous avez moins de 25 195 € de revenu fiscal de référence par personne, il convient d'opter pour le prélèvement fiscal libératoire afin d'être exonéré pendant 3 ans au lieu d'un an de la cotisation foncière des entreprises.

 

 

Retraites : modification du calcul pour la validation des trimestres des auto-entrepreneurs

La question des cotisations sociales pour les auto-entrepreneurs a été évoquée à l’occasion d’une table ronde entre les différentes caisses de retraite (Régime Social des Indépendants et Caisse nationale d’assurance-vieillesse des professions libérales) et le gouvernement.

Le constat de départ est qu’un grand nombre d’auto-entrepreneur inscrits n’a pas encore démarré leur activité, et ne déclare pas de chiffres d’affaires. La cotisation pour les différents systèmes de retraite est donc nul en dépit de leur affiliation.
Dans le même esprit, un auto-entrepreneur valide un trimestre pour la première année d’exercice à partir du moment où il déclare un chiffre d’affaires, même très faible. Ce qui a pour conséquence un impact négatif sur l’équilibre financier des caisses de retraites.
Afin de répondre à ces déséquilibres, Hervé Novelli, secrétaire d'Etat aux PME, a annoncé que les auto-entrepreneurs ne pourront valider un trimestre de retraite qu’après avoir dégagé un revenu de « 200 heures équivalent SMIC » (ce que le droit commun prévoit comme base minimum pour valider un trimestre de retraite). Par ailleurs, sans cotisation, il n’y a pas de trimestre validé.

La version à jour du tableau paru dans notre article précédent est alors la suivante :

SMIC au 01/01/2010 = 8,86 €Abattement sur (CA)CA minimum pour valider 1 trimestreCA minimum pour valider 2 trimestresCA minimum pour valider 3 trimestresCA minimum pour valider 4 trimestres
BIC ventes71%6 110 €12 221 €18 331 €24 441 €
Prestations de services BIC50%3 544 €7 088 €10 632 €14 176 €
Prestations de services BNC34%2 685 €5 370 €8 055 €10 739 €

Quelles incidences de la suppression de la taxe professionnelle sur les auto-entrepreneurs ?

A partir du 1er janvier 2010, la Taxe professionnelle est remplacée par la Contribution Economique Territoriale.

Cette contribution est composée de :

  •  La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) qui touche les personnes physiques et sociétés qui :
        •    Exercent en France une activité professionnelle non salariée
        •    Sont imposables à la CFE, (voir ci-dessous)
        •    Réalisent un chiffre d'affaires supérieur à 152 500 euros (les plafonnements des chiffres d’affaires autorisés pour les auto-entrepreneurs font que vous n’êtes pas concernés par cette taxe).
  •  La cotisation foncière des entreprises (CFE) (qui correspond à l’ancienne taxe professionnelle)
        •    Elle est applicable si votre entreprise était déjà créée au 1er janvier.
        •    Vous êtes redevables dans chaque commune où vous possédez des locaux ou terrains pour l’exercice de votre activité
        •    Elle est calculée sur la valeur locative de ces biens immobiliers, qui correspond au montant retenu par l'administration fiscale pour le calcul de la taxe foncière.
        •    est décidé par chaque commune. Il varie considérablement d'une commune à une autre.
        •    Le taux applicable et une cotisation minimale sont fixés chaque année par la commune.
        •    Des exonérations permanentes ou temporaires peuvent être accordées.

 

Seule la cotisation foncière des entreprises vous concerne en tant qu’auto-entrepreneur.

 

L’application de cette cotisation est la même que pour la taxe professionnelle :

    •    Si vous optez pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu, vous serez exonéré de cette taxe pendant deux ans à compter de l'année qui suit celle de la création de votre entreprise.
    •    Vous ne pouvez bénéficier de cette mesure qui si vous, votre conjoint, votre partenaire auquel vous êtes liés par un PACS, vos ascendants et descendants, n'aient pas exercé, au cours des trois années qui précèdent la création, une activité similaire à celle de l'entreprise nouvellement créée.
    •    Dans le cas contraire, ou si vous ne souhaitez pas opter pour le versement libératoire, vous serez soumis à la CFE.

Auto-Entrepreneur et protection de pratrimoine

En étant auto entrepreneur, vous êtes en nom propre et vous avez une responsabilité illimitée pour les dettes contractées lors de votre activité professionnelle : votre patrimoine privé et professionnel sont donc confondus.

Si vous êtes propriétaire de votre maison, vous pouvez la protéger de vos éventuels créanciers en effectuant devant notaire une déclaration d’insaisissabilité de votre résidence principale ainsi que de tout bien foncier bâti ou non bâti qui n’est pas affecté à un usage professionnel.

Si le bien n’est pas utilisé en totalité pour un usage professionnel, la partie non affectée à cet usage doit être désignée dans un état descriptif de division. Cet état descriptif n’est pas exigé lorsque le local d’habitation sert de domiciliation à l’entrepreneur.


Les biens sont ainsi protégés d’une saisie pour les dettes contractées lors de l’activité professionnelles, nées après la publication de la déclaration à la conservation des hypothèques et dans un journal d’annonces légales.

Le RSA pour les auto-entrepreneurs

Parce qu’il peut être maintenu pour les bénéficiaires qui créent leur entreprise, vous pouvez cumuler des revenus d’auto-entrepreneurs avec le RSA (Revenu de Solidarité Active).

Dans ce cadre :

  • le RSA sera intégralement maintenu durant les 3 premiers mois,
  • ensuite, la CAF demandera chaque trimestre les revenus de l’activité professionnelle du bénéficiaire du RSA pour calculer le montant qui lui sera versé.
Montant de RSA
Nombre d’enfantsCélibatairesCouples
0454,63 €681,95 €
1681,95 €818,34 €
2818,34 €954,73 €
Par enfant supplémentaire181,85 €

Sans activité professionnelle, le montant forfaitaire de RSA est basé à partir des données suivantes :

Avec la création de votre auto-entreprise, le montant forfaitaire du RSA sera réduit à partir du calcul suivant :

RSA = Montant forfaitaire RSA + 62% des revenus d’activité du foyer fiscal – Ressources du foyer fiscal - Forfait d’aide au logement

Le revenu d’activité de votre auto-entreprise correspond à un pourcentage de son chiffre d’affaires :

  • 29% pour les BIC achat-vente
  • 50% pour les BIC services
  • 66% pour les BNC professions libérales

Les bénéficiaires du RSA qui perçoivent une aide au logement ou qui n’ont pas de charge de logement verront le montant de leur RSA diminué d’un montant forfaitaire de :

  • 54,56 € pour une personne seule,
  • 109,11 € pour 2 personnes,
  • 135,03 € pour 3 personnes ou plus.

Exemple :

  • Une personne créée une auto-entreprise de vente de produits sur Internet.
  • Elle vit en couple avec deux enfants, son conjoint n’a pas de revenu.
  • Le chiffre d’affaires mensuel est de 800 €
  • Elle perçoit une aide au logement de 150 € par mois

Le calcul du montant de RSA se fera alors de la manière suivante :

  • Dans tous les cas, le montant du RSA durant les 3 premiers mois sera de 954,73 € (montant forfaitaire du RSA)
  • A partir du 4ème mois, le montant sera de 757,84 € (voir formule du montant calculé de RSA ci-dessus)
  • Il y aura donc une diminution du RSA d’environ 197 € (Montant forfaitaire du RSA de 954,73 € - montant calculé du RSA de 757,84 € = 197 €).

En conclusion :

  • Le revenu calculé* de l’auto-entreprise sera de 704 € après cotisations sociales (le taux plein de cotisations sociales est de 12% pour une activité d’achat revente)
  • Le revenu supplémentaire lié à son activité d’auto-entrepreneur sera de 481 € (704 € - 223 € de baisse du RSA) soit 60% de son chiffre d’affaires.

Si cette personne bénéficie de l’ACCRE (ce qui est généralement le cas des bénéficiaires du RSA), les taux de cotisations sociales ne sont plus de 12 % mais de 3% pour la 1ère année, 6 % la 2nde, et 9 % la 3ème.

Dans ce cas, le gain supplémentaire sera 578 € par mois la 1ère année (768 € de revenu de l’auto-entreprise après charges sociales moins 197 € de baisse du RSA), 554 € la 2nde et de 530 € la 3ème.

* En tant qu’auto-entrepreneurs, les frais généraux, financiers… ne sont pas comptabilisés. Le revenu correspond donc au chiffre d’affaires moins le pourcentage de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu.

Sortie du statut d'Autoentrepreneur en cas d'absence de chiffre d'affaires

Le statut de l'Autoentrepreneur est un franc succès puisque les prévisionnels du gouvernement ont été franchement dépassés. Par contre, l'ombre au tableau est que seuls 10% des Autoentrepreneurs ont réalisé un chiffre d'affaires !

Il est donc nécessaire de savoir que si l'Autoentreprenur ne réalise pas de chiffre d'affaires pendant 12 mois consécutifs, il perd le bénéfice du régime et doit :

  • soit faire une cessation d'activité en remplissant le formulaire dédié
  • soit poursuivre son activité en micro entreprise en s'immatriculant auprès des Chambres de Métiers ou de Commerce (en fonction de son activité), et il perd donc l'avantage du micro social tout en conservant le micro fiscal

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